Cible des attaques et de massacres par les ADF, la population du grand-nord en province du Nord-Kivu est sortie de son silence. Des jeunes se sont regroupés, ce mercredi 14 aout au stade Kinda dans la ville de Beni, pour débuter une formation militaire pour être outillés sur les possibilités de faire face aux ADF.

D’après les organisateurs, le salut ne viendra ni de l’orient ni de l’occident pour libérer ce peuple congolais en proie au massacre quotidien. Après une formation de 21 jours, ils envisagent une contre-attaque des assaillants.

« La formation des jeunes volontaires qui vont combattre les Adf est bel et bien confirmée pour demain mercredi à 6 heures au stade de Kalinda. Toutes les mesures sont prises pour un bon déroulement de cette formation de 21 jours. La jeunesse est l’espoir d’aujourd’hui et demain aussi une force de la nation. Personne ne viendra sauver notre région de Beni à part nous. Agissons maintenant », a confirmé hier dans la soirée, Clovis Katsuva, un des organisateurs.

Ce matin, des volontaires ont répondu favorable à cet appel avant d’être dispersés par la police déployée sur le lieu.

D’après Blaise Mwenge, activiste des droits de l’homme dans cette partie du Nord-Kivu, « ces jeunes se sont ressemblés en grand nombre ce matin. Alors qu’ils apprenaient déjà quelques notions d’exercices physiques, le commissariat de la police urbaine de Beni a déployé des éléments de la police sur place pour les dissuader et elle en a arrêté certains d’entre-deux ».
A en croire notre source, cette initiative constitue une bombe à retardement pour la nation toute entière.

« Il s’agit de réclamer la sécurité mais ces jeunes pourraient constituer un danger pour la République dans les jours à venir. Ils doivent suivre la procédure normale d’intégrer l’armée nationale puisque c’est là que l’on tiendra compte de leurs compétences au sein de l’armée », lance-t-il.

Cet acteur de la société civile condamne l’inaction de la communauté internationale face aux massacrés perpétrés contre les paisibles citoyens dans le Nord-Kivu et Ituri. A l’en croire, le chef de l’Etat devrait faire appel à d’autres forces pour endiguer ces terroristes agissant au sein des ADF.

Pour rappel, les massacres par les ADF fait perdre la vie à des centaines des civiles à tel enseigne que chaque semaine, des cas d’incursion sont signalés dans soit à Beni-Ville soit dans les périphéries.

Gisèle Kabika