La population du Nord-Kivu devient de plus en plus excédée depuis hier lundi, 25 novembre, face aux massacres répétitifs des civils par les rebelles ADF à Beni dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour exprimer son ras-le-bol, elle a saccagé et incendié les installations de la Monusco basée à Beni. Pendant ces manifestations, des morts ont été enregistrés du côté des populations à tel enseigne qu’il n’a pas été possible de contenir la tension des habitants de Butembo et Goma qui solidarisent avec les compatriotes de Beni.

Face à cette situation, les acteurs politiques estiment que la population est dépassée par la crise et veut à tout prix la paix et la fin des massacres « avec ou sans la Monusco ».

« Il est vrai que je peux comprendre la saturation de la population parce que c’est un problème persistant, qui a du mal à être résolu mais, il faut voir ce qui est fait. (…) il est vrai que la population s’interroge sur la collaboration entre les FARDC et la MONUSCO […] sans doute, nous avons une force de maintien de la paix qui est là depuis plus de 20ans en RDC. Nous avons eu de bons progrès ensemble mais, aujourd’hui, par rapport à la situation de Beni si l’on rajoute aussi l’épidémie d’Ebola, il est compréhensible que la population soit frustrée vis-à-vis de la présence de la Monusco et sa capacité ou son incapacité d’action », a soutenu Jeanine Mabunda, Présidente de l’Assemblée nationale interrogée par la RFI.

Des sources non-officielles accusent la Monusco d’être complice et d’agir derrière le dos des rebelles ADF dans les tueries des populations civiles qu’elle doit, pourtant, protéger selon son mandat. En effet, des vidéos qui ont circulé dans les réseaux sociaux depuis le dimanche soir pointe du doigt la Mission de maintien de la paix de servir d’asile aux ennemis. Pour la Député Mabunda, la population « n’a plus d’autre choix » devant une telle situation devenue chronique.

« Si vous habitiez comme eux dans des villages où les familles sont égorgées de façon répétitives, la première fois vous faite confiance, la deuxième fois vous dites je donne le bénéfice du doute, la troisième fois vous n’avez pas d’autre choix. Je suis prudente dans ce que je dis mais je comprends parfaitement la frustration des populations face à un phénomène qui dure depuis plusieurs années », a-t-elle rétorqué.  

La Présidence de la République vient d’instruire à l’armée d’installer son QG à Beni et d’opérer en collaboration avec les casques bleus de la Monusco dans l’opération de la traque des ADF lancée depuis le 30 octobre dernier.

Néanmoins, d’autres morts des civils seraient encore rapportés près du camp de la MONUSCO en début de la journée de ce mardi.