La société civile urbaine de Bukavu déplore les conditions carcérales actuelles à la prison centrale de Bukavu. Manque de nourriture, les détenus sont servis du sérum glucose pour un effectif allant à plus de 1800 prisonniers. C’est à l’issue d’une descente effectuée jeudi 14 et dimanche 16 novembre courant dans les enceintes de cette maison carcérale dans la province du Sud-Kivu.

Selon Hypocrate Marume, Président de la société civile noyau de Kadutu, l’état des détenus est très critique.

« …le constat est très douloureux. Certains prisonniers allongés sur le pavement, incapables de se mouvoir suite à la famine. Des cas plus graves sont nourrit actuellement de perfusion, un sérum glucosé par détenu très affamé pour une pharmacie qui ne compte que moins de 20 sérums sur un effectif de plus de 1800 prisonniers », alerte-t-il.

Au niveau de la province, souligne le président de la société civile, le gouvernement semble ne pas s’intéresser de la question des détenus. Il craint que l’actuel gouvernement n’enregistre un effectif très élevé des morts en prison par rapport à ceux déjà enregistrés.

« Les interventions du ministère provincial de la justice presque inexistantes en faveur de subvention, ni de plaidoyers auprès des instances habilitées y compris de promesses du gouvernement provincial des subventions qui restent théoriques autrement. […] Selon notre constat, le gouverneur Théo Ngwabidje sera le premier au cours de son mandat à enregistrer plus de morts en prison ! », craint Hypocrate Marume interpelant le gouverneur dont la charge de garantir aussi la sécurité alimentaire aux détenus lui revient.

Face à cette urgence, la société civile appelle la communauté nationale et internationale à venir au secours de ces détenus « déjà entre la vie et la mort ».

« Nous lançons un message d’SOS aux organisations nationales et internationales de venir en aide à nos frères et sœurs prisonniers qui ne savent plus à quel saint se vouer et dont la plupart sont encore en détention préventive en ce moment où les autorités leur imposent la mort », lance-t-il.

Cette descente effectuée à la prison centrale de Bukavu, selon notre source, donne l’image des conditions dans lesquelles se trouvent d’autres détenus dans les prisons en milieu rural dans la province du Sud-Kivu où beaucoup de cas de morts suite au manque de nourriture sont régulièrement enregistrés.

Patrick Kambale