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BUTEMBO : Nous n’avons pas besoin d’autres choses que le départ de la Monusco, Qu’ils nous disent quand est-ce qu’ils vont partir.(manifestants)

La journée de ce lundi 05 avril 2021 été très tendue dans la ville de Butembo dans la province du Nord-Kivu.

Les activités socio-économiques étaient paralysées .
Cette situation est le résultat des  appels lancés par des mouvements citoyens et des organisations de la société civile , d’observer dix jours sans travail afin de dénoncer les massacres des civils perpétrés à Beni.
Toutes les galeries de commerces et magasins  fermés.
Les banques, maisons de communication, supermarchés, stations-service, agences de voyages, écoles et universités n’ont pas fonctionné.
A leur passage, les barricades faites des fils ont été baissées, jusqu’à la base de la Monusco où ils se sont entretenus d’abord avec un responsable onusien. Ce dernier a promis de transmettre leur revendication à sa hiérarchie. Ce qui n’a pas empêché les militants à organiser leur sit-in. Informé, le maire Sylvain Kanyamanda s’est personnellement déplacé sur le lieu pour les écouter.
« Nous n’avons pas besoin d’autres choses que le départ de la Monusco aujourd’hui. Qu’ils nous disent quand est-ce qu’ils vont partir, aujourd’hui ? Demain ? Ou quel jour ? C’est l’unique précision dont nous avons besoin maintenant. Nous organisons un sit-in ici, et nous ne quitterons pas avant qu’ils ne partent », a indiqué un militant de la Lucha, s’adressant au maire.
« Nous venons de vous écouter. Et personne ne vous a dérangés, parce que nous sommes respectueux de la loi. La loi garantit la liberté d’expression. Nous venons de constater votre action ici à la Monusco, nous pensons que le message est passé, et l’opinion sait déjà que vous réclamez leur départ pour des raisons évoquées. Mais ici nous sommes à Butembo. Je vais transmettre votre message à l’autorité compétente qui est le chef de l’Etat. Vous savez qu’ils ne sont pas venus de leur propre initiative. La république a accepté que les humanitaires viennent avec des missions précises. Et s’il faut respecter le parallélisme de forme et de l’acte contraire, il faut que ce soit nos autorités qui agissent, le gouvernement central de notre pays qui les avait invités. Ils ne peuvent pas rentrer parce que c’est la Lucha qui exige leur départ immédiat « , a rétorqué le maire Sylvain Kanyamanda.
Des militaires et policiers étaient alors déployés dans tous les coins stratégiques de la ville de Butembo. Dans l’avant-midi, quelques barricades avaient été placées à certains endroits.
Certains observateurs qui ce sont confiés au micro de kivuavenir.com affirment qu’à Furu, au nord de la ville, des manifestants ont brulé des kiosques et des pneus. Les forces de l’ordre ont réussi à dégager la route sans tirer de coup de feu.
« Nous sommes convaincus que vous êtes aussi indignés que nous. Vous n’oubliez que nous avons manifesté depuis 2019. Et aujourd’hui nous avons décrété dix jours (sans activités). Ça veut dire que nous n’allons pas manifester comme nous manifestions avant. Le chef de bureau de la Monusco nous promet une réponse dans les heures qui suivent, pas dans les jours qui suivent, mais dans les heures qui suivent « , a réagi le militant Jean Pierre Kasma.
Le maire a expliqué aux militants de la Lucha qu’ils manifestent pendant que la Monusco a déjà amorcé son retrait progressif du territoire national.

« (Les effectifs) des contingents sont en train d’être réduits. Au Kasaï (ils sont) en train de fermer leurs bureaux là-bas. C’est pour dire que la demande (du départ de la Monusco, ndlr) est en train d’être exécutée. Mais ça doit aller à tour de rôle. Nous voyons déjà la volonté des autorités avec la réduction de nombre et la fermeture des bureaux, à Kisangani on a fermé, à Mbuji-Mayi on a fermé. Nous pensons que vous devez croire en ce que nous vous disons comme autorité, en libérant la place publique pour permettre à la ville de rester calme « , a conclu le maire Sylvain Kanyamanda.

Les mêmes sources rapportent que quelques policiers ont été blessés par des projectiles.

D’autres sources renseignent que du côté de Njiapanda vers le sud, quelques barricades placées la veille, pendant la nuit ont été dégagées par les éléments de la police.
Ces derniers précisent que la lutte continue jusqu’au départ de la Monusco dans cette partie de la République Démocratique du Congo.

Crispin Paluku depuis Béni

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