Dans une analyse, ce professeur de science Politique à l’Université de Kisangani (UNIKIS), en République Démocratique du Congo indique que le pays a assisté à une catharsis personnelle de celui qui se rend compte que son action présidentielle a été, est et sera marginale.

Alors qu’il était question d’un véritable état des lieux de la nation, secteur par secteur, les avancées, les points d’achoppement, les voies de sortie pour aller vers la vision commune de la nation qui n’a pas été bien déclinée. Pourtant, c’est ce qui se retrouve dans l’hymne national et la constitution. Mais la nation a eu droit à une messe incantatoire sur fond d’une ordalie funeste.

« Un nouveau rendez-vous manqué », dit le Prof. Alphonse Maindo, qui estime que le Président de la République a affirmé la confiance envers son partenaire et la foi renouvelée au couple. Pour cet enseignant de l’UNIKIS, Saluer le Prix Nobel Denis Mukwege a des conséquences pratiques. Depuis bientôt un an de pouvoir qu’il qualifie de savant, qu’est-ce qui a été fait pour le libérer de sa prison à ciel ouvert de Panzi de manière à lui permettre de jouir pleinement de ses droits les plus élémentaires de citoyen et d’être humain ?

« Sous l’impulsion de Maitre Trissotin, Épiméthée a fait de ce qui est un exercice constitutionnel non pas un moment fort de dresser l’état de la nation, mais une tribune de la savanterie sophistique pour démontrer son talent oratoire ou tribunatoire  voire divinatoire, et présenter le programme présidentiel fait d’un chapelet de bonnes intentions », évoque-t-il. De ce fait, il est hors de l’esprit et de la lettre de la constitution du pays qui donne la mission au premier ministre de présenter le programme de gouvernement aux élus du peuple.

A l’en croire, ce qu’il qualifie de culte de la parole béton rappelle étrangement la situation d’une société peinte par Molière dans les femmes savantes. « A la suite de Molière, il est temps de dénoncer les ridicules de ceux qui font du langage un instrument de pouvoir, au mépris de la sincérité, de l’action transformative », relève-t-il.

Imani