Des commentaires les plus houleux et allant dans tous les sens alimentent le débat dans certains médias et dans les réseaux sociaux sur l’avancement du processus électoral en cours en République démocratique du Congo, depuis les élections du 30 décembre 2018. C’est, soit des discussions au tours de la vérité des urnes, soit des candidats et plus particulièrement des candidats en tête à la présidentielle pour succéder à Joseph Kabila.

En effet, alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a pas publié les résultats de l’élection présidentielle, plusieurs internautes renseignent sur de probables rencontres clandestines entre le pouvoir et les opposants pour tenter de convaincre ceux-ci à accepter la victoire du candidat du Front commun pour le Congo. Ici, Félix Tshisekedi apparait comme le moindre mal au FCC et qui pourrait accepter le deal sous la bénédiction de son directeur de campagne, Vital Kamerhe. « Faux et archifaux », notent les kamerhistes qui croient que le FCC s’est activé pour flouer le peuple et l’intoxiquer pendant que la machine de la Centrale électorale travaille en faveur du camp du pouvoir pour tenter d’imposer Shadary comme élu.

« Je ne suis pas au courant de telles négociations mais impossible n’est pas le FCC (…) J’ai suivi une vidéo en ligne sur facebook où Boketsu parlait d’une lettre écrite que notre Président national [Vital Kamerhe] aurait reçu de la part de Néhémie et Kalev pour contraindre Félix de diffuser le contenue de ladite lettre pour accepter la désignation de Ramazani Shadary comme Président », confie Rosette Ndatabaye de la ligue des femmes de l’Union pour la nation congolaise (UNC), fédération du Sud-Kivu.

Accusant la coalition Lamuka, une autre aille de l’opposition, d’être complice pour dérouter l’élection de son candidat, le CACH rejette toute existence de négociation avec un tiers sur la présidence de la République « gagnée par Félix Tshisekedi », selon l’opposante s’appuyant sur les résultats du vote compilés par la plateforme électorale CACH ainsi que par certaines organisations impliquées dans la mission d’observation des élections du 30 décembre dernier.

« Les amis d’hier de mon Président National sont devenus tous ses ennemis…Vital Kamerhe n’est pas leur émissaire. Il a frappé très dur que le FCC et Lamuka ne s’attendaient pas à ce que ce dernier puisse désister pour une tierce personne, surtout pour UDPS. Ceci dit, ça n’engage que ceux qui persistent à dire, en complicité avec la CENCO, que Félix Tshisekedi ne doit plus continuer avec CACH et le menace d’accepter Martin Fayulu. Lamuka est aux abois et veut influencer Félix par tous les moyens d’abandonner la présidence ; ce qui est inacceptable », fait-elle savoir.

Alors que le peuple est loin de connaitre les résultats des urnes après un report annoncé par la CENI à une date imprécise, l’Union pour la nation congolaise, ou mieux le CACH, reste rassuré de la victoire de leur candidat président Félix.

« Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit par apparaitre. Ces élections sont spirituelles ; notre espoir et notre raison de lutte pendant 9 ans dans l’UNC, parti cher de Vital Kamerhe. En âme et conscience, ma main sur le cœur ayant la crainte de Dieu, c’est Felix qui a gagné ces élections mais les deux camps ont tellement peur de leurs échecs », rassure M.Rosette.

A l’en croire, un écart significatif s’établit entre l’opposition et le candidat du pouvoir à tel enseigne qu’il serait « impossible » de le proclamer vainqueur.

« Je crois que le FCC aura honte de proclamer Shadary président, à moins que la CENCO ne leur prête les voix de Martin Fayulu ; mais y aura toujours un écart de 6%. La victoire, c’est CACH », croit-elle d’un air très rassurant.

L’opposante déplore, par ailleurs, la dislocation survenue de Génève mais espère que tout se passera sans verser du sang.

« (…) La désolidarisation de l’opposition est le principal problème car Félix serait déjà proclamé Président mais, Genève est le sable qui a bloqué tout…Le peuple congolais a fait sa part, même Beni-Butembo a agi et donc, La puissance de Dieu surpasse tout complot de gauche et de droite. Dieu fera le reste sans goutte de sang », conclut-elle.

A noter que, selon les premières tendances du dépouillement après les élections du 30 décembre dernier, 3 sur 21 candidats sont en tête à l’élection présidentielle dont deux opposants Félix Tshisekedi et Martin Fayulu contre Emmanuel Shadary, le candidat du pouvoir. Le peuple congolais, quant à lui, attend que le prochain Chef de l’Etat congolais soit annoncé pour savoir celui en qui il a mis, désormais, son espoir pour le développement du pays.

Jean-Marie Mulume