Le masque pouvant conduire à des pistes plus ou moins vraies sur la connaissance de commanditaires des massacres humains qui se déroulent dans la région de Beni en province du Nord-Kivu est en train de tomber. Des révélations accablantes ont été données, lundi 23 décembre, au cours d’une présentation à la presse de 36 rebelles dont une femme identifiés comme des ADF capturés par larmée congolaise. Des acteurs politiques, économiques et des mouvements citoyens sont identifiés parmi les financiers de ceux qui tuent et désolent cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.

Se présentant sous le grade de Colonel, un des éléments captifs qui appartiendrait à la communauté Nande renseigne que l’ancien rebelle et leader du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani mouvement de libération (RCD-KML), entretient une milice au sein des ADF qui égorge au quotidien les populations civiles de Beni.

« … Je suis Colonel Justin Kambale du groupe armé IRA Force constitué des Nande, devenu aujourdhui une force négative ; une rébellion. […] Nous portons le nom des ADF pour protéger notre groupe Nande contre toute suspicion de mener une guerre dans notre milieu. Dernièrement, notre chef, Antipas Mbusa Nyamwisi, était ici et nous a laissé une consigne de tuer, avant la fin de cette année, le maire de la ville de Beni puisquil a failli à la mission lui confiée. Et nous, nous avons dit non. Nous avons décidé de quitter la forêt pour venir demander au gouvernement de larrêter avec ses complices (…) », a révélé le Lt Colonel Justin Kambale dans une interview lors de leur présentation publique à la presse de Beni par les FARDC.

Dans cette vidéo qui fait le buzz dans les réseaux sociaux, Kambale affirme qu’ils participent aux massacres des populations depuis 2013 dans le territoire de Beni et cite certains membres de la communauté Nande qui leur servent de renseignement dans la ville.

« … Le fils de Nyamwisi connu sous le nom de Werra et Birotshwa Kasereka, ancien du M23 sont nos deux chefs. Mais, il [ M.Nyamwisi] a ses émisseurs partout ici en ville qui nous donnent toutes les informations sur la situation. (…) Nous avons commencé le massacre depuis 2013 mais, aujourdhui, nous sommes fatigués. Un seul individu senrichit alors que nous souffrons en brousse », affirme-t-il.

A l’en croire, toutes les armes qu’utilisait le mouvement rebelle RCD-KML avaient été conservées par le leader Mbusa Nyamwisi et servent aujourdhui le groupe Mai-Mai IRA Force pour commettre ses exactions. L’objectif principal de ce groupe négatif, a-t-il ajouté, « est de créer la terreur dans la population de Beni pour qu’elle abandonne la région et leur permettre d’avoir un espace partant de Beni jusqu’en Ituri où devrait s’installer un autre peuple » dont le nom n’a pas été révélé.

Du côté de larmée congolaise, Mbusa Nyamwisi nest pas le seul sponsor des massacres dans cette région.

« Parmi les auteurs et co-auteurs et complices des massacres, ils ont cité les politiciens, les hommes d’affaires, les membres des mouvements citoyens et dautres », a affirmé le porte-parole de larmée.

Selon le speaker de l’armée congolaise à Beni, ces éléments capturés sont de différentes nationalités. On compte parmi eux des Ougandais, des Kényans, des Tanzaniens, des Centre-africains et des Congolais.

A cette même occasion, le général Richard Léon Kasonga a annoncé à la presse la libération de 70 civils pris en otages par un groupe des maï-maï en territoire de Beni.

Jean-Marie M.