Le Cercle international pour la défense des droits de l’homme, la paix et l’environnement (CIDDHOPE) déplore et condamne le meurtre et autres exactions commis par des militaires FARDC contre sur les civils à KIONDO, dans le groupement Binza, chefferie de Bwisha en territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.  Dans un communiqué de presse N/Réf. : 015/CIDDHOPE/POCBG/19 signé le 26 mai courant par Me Dellyco Mbambu et Me Dérick Kahumba, respectivement Secrétaire Exécutif et Assistant au Programme, et que la rédaction de Kivuavenir.com a consulté, cette organisation de défense des droits humains en RD Congo accuse les éléments des FARDC basés sur la littorale du lac Edouard de plusieurs violations des droits de l’Homme dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.

Voici le communiqué du CIDDHOPE :

Poursuivez urgemment en justice le Capitaine MUSA JONAS et sa cohorte pour meurtre et autres exactions contre les pécheurs à KIONDO

Le CIDDHOPE appelle le Chef du Parquet Militaire Détaché de Rutshuru à déclencher une action publique contre le capitaine MUSA JONAS des FARDC pour incitation des militaires à commettre les actes contraires à la loi et violation de consignes et 4 de ses éléments en l’occurrence Monsieur LOMBE EBENGO et consorts pour meurtre, extorsion, violation de consignes et abandon de poste.

Sur ordre du Capitaine MUSA JONAS alors commandant de la 1ière compagnie opérationnelle basée dans une base militaire située à KIONDO, partie située sur le littoral sud du Lac Edouard, dans le groupement BINZA, chefferie des BWISHA en territoire de RUTSURU, les militaires des FARDC ont l’habitude de se rendre aux larges du Lac précité pour procéder au recouvrement forcé d’une taxe illégale de 16000 FC imposable par semaine à chacune de pirogues œuvrant sur les eaux de la zone sous son contrôle.

En date du 22 mai 2019 – vers 13 heures et demie – 4 éléments militaires envoyés aux larges du Lac Edouard sous l’ordre du Capitaine MUSA JONAS auraient arrêté une pirogue à bord de laquelle se trouveraient 4 pêcheurs dont KAMBALE Lucien, Bienvenu MUMBERE KABUYAYA Gédéon et MUMBERE KARUNGU Bienvenu. Après l’arrestation, ces militaires auraient exigé à ces pauvres pêcheurs l’exhibition de taxe illégale leur permettant de pratiquer la pêche dans ladite zone. Par malheur, les pêcheurs n’en seraient pas en possession. Par la suite, les pêcheurs n’auraient payé que 10.000 FC en lieu de 16000 Francs Congolais exigés par les militaires.

Le fait de n’avoir pas payé la totalité à temps utile aurait incité l’un de ces militaires répondant au nom de LOME EBENGO à tirer à bout portant sur la jambe droite de l’un des pêcheurs victime. La victime a été amenée tardivement au centre de santé de référence de Nyakakoma vers 2 heures du matin via la base militaire de Kyondo située à plus ou moins 50 Km de l’hôpital général de référence de Rutshuru où elle est décédée dans la nuit du 23 au 24 mai.

Pour justifier cette extorsion, ces militaires usent l’euphémisme « jeton » en violation de la loi congolaise et du droit internationale.

Contacté à ce sujet aux allégations en sa charge et celle de sa cohorte, le capitaine Musa JONAS a répondu au CIDDHOPE que les militaires lui ont menti qu’ils allaient puiser de l’eau au bord du lac Edouard et non aux larges. Il a été surpris de les voir venir avec la victime grièvement blessée, a-t-il renchérit. Le Capitaine a affirmé que le militaire qui avait tiré sur la victime est déjà aux arrêts et qu’il sera conduit à sa hiérarchie à Nyamilima via Nyakakoma.

Le CIDDHOPE est au regret de constater que le recouvrement forcé d’une taxe illégale -longtemps instaurée au grand dam pêcheurs œuvrant sur toute l’étendue du lac Edouard par les miliciens MAI MAI – soit encore pratiquée à ce jour par certains éléments de l’armée gouvernementale qui est censée veiller à la protection de citoyens et leurs biens.

Eu égard à ce qui précède, le CIDDHOPE demanderait à Monsieur le Chef du Parquet Militaire Détaché de Rutshuru, de déclencher une action publique contre le capitaine MUSA JONAS, LOMBE EBENGO et consorts (tous des FARDC) pour incitation des militaires à commettre les actes contraires à la loi, violation des consignes, meurtre et extorsion des biens.

Par la Rédaction