Le Cercle international pour la défense des droits de l’homme, la paix et l’environnement (CIDDHOPE) condamne les crimes commis sur les civils à Ndwali dans le territoire de Lubero en province du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo. En effet, le CIDDHOPE affirme avoir documenté des cas de meurtre, d’incendie et d’attentat aux droits humains dont le dernier au 30 janvier dernier. Dans son communiqué N/Réf. : 005/CIDDHOPE/POCBG/19 dont copie à la rédaction de Kivuavenir.com, cette organisation de défense des droits humains en RD Congo et de renommée internationale accuse le Directeur provincial du parc national de Virunga et ses sujets des crimes odieux commis entre août 2018 et janvier 2019 sur les populations civiles et appelle le gouvernement congolais à ouvrir des poursuites judiciaires contre ces présumés auteurs.

« Entre le mois d’août 2018 au 30 janvier 2019 le CIDDHOPE a documenté au moins 4 cas des civils dont une femme enceinte tués à balles réelles par les éléments de la coalition éco-gardes de l’ICCN-FARDC, près de 102 maisons d’habitation incendiées, plusieurs biens matériels pillés dont des sommes d’argent liquide, téléphones portables, poules, canards, chèvres, porcs, moutons, … Ces mêmes éléments de la coalition ICCN-FARDC ont torturé au moins 10 civils et incendié plusieurs cultures après avoir emmené des récoltes agricoles à leur station de la Rwindi via la piste de Lula », dénonce le communiqué de presse du CIDDHOPE rendu public ce lundi 04 mars.

D’après cette organisation citoyenne, il s’observe une insécurité accrue dans cette contrée à tel enseigne que des mouvements des populations d’au moins 7000 mille personnes ont été enregistrés en début du mois de janvier dernier.

« Du 27 décembre 2018 au 4 janvier 2019, toutes les voies d’entrée et de sortie de la zone de NDWALI auraient été bouclées par la coalition entre certains éco-garde de l’ICCN et certains éléments des FARDC. Plus ou moins 4000 personnes parmi les habitants de ladite zone auraient été déniés le droit au vote. Subséquemment à ces comportements des éco-gardes et certains éléments des FARDC ce jour, plus de 7000 civils se sont déplacés vers Kamandi Gite, d’autres vers la pêcherie de Kamandi Lac, Kiserera, Taliha, …la plupart d’entre elles essentiellement des femmes et des enfants y sont sans aucune assistance humanitaire, dans le dénuement total », ajoute ce document qui déplore la situation des enfants privés de leur droit d’accès à l’école.

Au regard du comportement des éléments des forces régulières qui opèrent aisément dans la zone sous contrôle des miliciens Maï-Maï, le CIDDHOPE estime qu’il y a risque de croire à une milice fabriquée par l’équipe de l’ICCN pour s’en servir dans ses opérations louches.

« Le CIDDHOPE est sidéré par le fait que le plus souvent FARDC saute intentionnellement la position des miliciens MAI MAI située à KYANIKA pêcheurs œuvrant sur le lac Edouard avant de dans la zone de NDWALI. Les agissements de ces derniers porteraient à penser que ces miliciens seraient installés sur le lieu par l’ICCN pour qu’ils soient servis comme alibi déclencheur des opérations de Ndwali. (…) la crainte consiste du fait que l’impunité dont jouissent ces derniers pourrait inciter leurs victimes à recouvrir à la vengeance », redoute le Cercle international pour la défense des droits de l’homme, la paix et l’environnement.

En vue de rétablir la paix et redonner une nouvelle vie aux populations de Ndwali dans la province du Nord-Kivu, le CIDDHOPE appelle les autorités du pays à s’investir dans les enquêtes judiciaires contre les présumés mais aussi à l’éducation civique des jeunes de se désolidariser des groupes armés et autres groupes destructeurs de l’environnement.

« A Son Excellence Monsieur le Président de la République et le gouverneur du Nord-Kivu de relever immédiatement le Directeur de l’ICCN de la population civile riveraine ; de poursuivre la sensibilisation des jeunes sur le Nord-Kivu et du pays tout entier à la non destruction de l’environnement. A l’Auditeur Militaire près la Cour Militaire Opérationnelle d’ouvrir des enquêtes judiciaires sur zone de NDWALI et des poursuites judiciaires contres Monsieur EMMANUEL DEMERODE, GILBERT DILIS ainsi que tous les officiers qui commanditaient ces crimes.  Aux organisations internationales humanitaires d’apporter les vivres et non vivres à ces déplacés internes à la limite de leurs moyens », exhorte cette organisation.

Par Kivuavenir.com