La République démocratique du Congo traverse, actuellement, une période où la justice populaire prend de l’ascenseur en milieu urbain comme en milieu rural. Le peuple se rend justice à son niveau comme dans un pays où l’autorité de l’Etat est bafouée. Au regard de ce qui se passe dans la ville de Goma en province du Nord-Kivu, d’aucuns s’interrogent sur le fonctionnement du Système judiciaire et de la légèreté observée dans le chef des animateurs des institutions judiciaires face à des cas de justice populaire qui leur semblent moins préoccupants. C’est ce que déplore l’acteur politique, docteur Dady Saleh, dans une interview avec la rédaction de Kivuavenir.com.

Il se dit préoccupé par l’application du droit et de la justice en RDC et plus particulièrement en province du Nord-Kivu.  « Est-ce que le système judiciaire est bien élaboré ? est ce que les gens sont suffisamment informés de leurs droits et de leurs devoirs ? s’ils sont informés, savent-ils qu’ils vont en prison quand on les attrape ? combien qui sont attrapés quand ils ont commis des crimes ? La justice fait-elle bien son travail ? Pourquoi retrouve-t-on les mêmes personnes dans la rue continuer à commettre des dégâts après qu’elles aient été arrêtées par la justice ? » ; voilà un arsenal de questions qui devraient préoccuper tout animateur au sein des institutions judiciaires de notre pays, estime Dr Dady.

Cette élite intellectuelle en appelle à une forte sensibilisation des citoyens et des hommes publics qui ont le devoir de faire régner la justice.

« On ne doit prendre des frustrations comme une raison d’application d’une loi. En amont, on n’a pas lui-même la raison d’appliquer la loi et le droit. Il n’appartient pas au peuple de se rendre justice mais de jouir du droit de la protection par les institutions publiques. Malheureusement, les autorités publiques et surtout juridiques n’en font pas leur priorité ; ce qui aggrave la tension de leurs administrés ! », déplore-t-il.

Pour lui, c’est du devoir des dirigeants congolais d’apporter assistance à toute personne.

« (…) le droit à la vie est consacré par les textes légaux internes et externes. Nous en appelons à l’implication urgente des autorités étatiques. D’interdire formellement des cas de justice populaire et de s’y impliquer sérieusement. La vie est sacrée, il faut laisser à la justice faire son travail et mieux le faire. Nous condamnons la justice populaire », martèle-t-il.

Beaucoup de cas de justice populaire sont enregistrés au quotidien dans plusieurs coins de la ville de Goma au grand silence des autorités. A cela s’ajoute des cas de tuerie par des hommes armés inconnus et par certains éléments de l’ordre (PNC et FARDC) bien identifiés. Plusieurs observateurs condamnent l’inactivité de la justice et estiment qu’il est temps de permuter les animateurs des institutions judiciaires congolaises.

Juvénal Murhula