Revenons un peu sur le programme dit d’urgence présenté par le Président de la République démocratique du Congo pour les 100 premiers jours qui parait comme un programme discutable de campagne électorale. Cette réflexion citoyenne et constructive se résume en trois points sur base d’expérience professionnelle et expertise en matière de gestion de projet dans le secteur public et de vision des réformes modernes du secteur public prônée par le Parti National pour la Réforme, PNR en sigle.

Primo – Sans entrer dans les détails techniques de faisabilité, il sied de noter que le programme des 100 premiers jours tel que présenté parait comme des projets d’action d’urgence et non des programmes d’urgence du gouvernement. Car, par un programme gouvernemental on sous-entend une vision avec des objectifs et des stratégies ou tactiques pour les résultats escomptés clairement définis (cf. le programme du Gouvernement présenté devant le parlement). Par contre un projet est une action temporaire entreprise pour accomplir une tâche spécifique dans un délai précis telle présentée dans ledit programme des 100 premiers jours.

Secundo – Le programme présenté semble être trop ambitieux dans le contexte du système actuel de gestion des ressources financières et sans gouvernement capable de l’exécuter, donne ainsi l’impression d’un programme de campagne électorale et non de programme d’action gouvernementale. Cependant sa réalisation discutable n’est pas impossible. C’est ainsi qu’il convient de noter que (1) certaines actions peuvent s’autofinancer à travers des méthodes modernes et créatives de financement basées sur des solutions innovantes des nouvelles technologies ; (2) l’exécution efficace de ce type d’action gouvernementale nécessite entre autres des méthodes modernes de gestion de projet (Project management techniques) afin d’assurer le rôle de contrôle et de suivi-évaluation de l’État sans gérer la mise en oeuvre technique.

Tercio – Le programme présenté peut aussi servir d’initiative d’urgence dans le cadre de création d’emplois et de promotion des petites et moyennes entreprises locales en octroyant le marché public qu’aux entreprises congolaises selon leurs mérites objectifs. Ces entreprises locales peuvent à leur tour faire appel à des sous-traitants internationaux pour la mise en oeuvre technique des projets comme partout ailleurs.

C’est paradoxal que le programme dit d’urgence ne place pas les problèmes de sécurité à l’est et d’autres coins du pays parmi ses principales priorités. Bien que discutable, le programme tel que rendu public cadre maintenant avec les attentes du peuple qui a tant souffert. Il faut alors le réaliser afin de rompre avec les initiatives démagogiques du passé telles que les Cinq chantiers, la Révolution de la Modernité et ainsi de suite. Dans le pari de faire mieux, c’est difficile aujourd’hui d’envisager de rendre l’action gouvernementale efficace sans des réformes modernes reposant sur des solutions innovantes et créatives des nouvelles technologies.

Ensemble la Réforme est possible en RDC.

Ir. Delphin KYUBWA, PMP

Président national du PNR – Parti qui prône la Réforme.