Dresser un portrait de la situation sécuritaire de la commune de Bagira et analyser sa gouvernance, étaient parmi les points à l’ordre du jour dans une table ronde organisée par la plateforme Kwetu Bagira en collaboration avec l’association Karibu Jeunesse Nouvelle, ceci dans le souci de réfléchir sur le contexte très particulier de cette commune, supposé jadis «arbre de paix».

Pour agir dans la décentralisation, qui est un processus qui implique la participation des populations, des communautés à la gestion de leurs propres affaires ; la population de la commune de Bagira s’est réuni ce samedi 09 février 2019 dans la salle CAA pour analyser la gestion de leur commune, dégager les défis et en proposer des pistes de solution.

Remy Buroko, l’un des intervenants et membre de Kwetu Bagira, a révélé que la commune de Bagira reste fragilisée par de braquages commis en pleine journée, qui se soldent par des pertes en vies humaines. «Ces opérations sont montées par des personnes non autrement identifiées qui sèment la terreur et installent une psychose dans cette commune», souligne-t-il.

Pour Mme Jolly Kamuntu, présidente de KJN, l’analyse de la situation sécuritaire dans cette partie de la ville exige des apports multiples et spécifiques.

«La sécurité fait partie des services sociaux de base et est garantie par la Police et l’armée. S’interroger sur l’organisation de ces organes de l’Etat construirait la compréhension de la problématique actuelle à Bagira», pense nos sources.

Kamuntu estime que les conflits fonciers de Bagira et leurs conséquences restent aussi une source de préoccupation majeure, dans la mesure où ils constituent un défi multidimensionnel au développement économique et humain de la commune de Bagira.

La population quand à elle, soulève comme limite du développement de leur commune, la faiblesse des capacités locales de gestion du bourgoumestre à d’intérim de cette commune, Laban Kongakonga qui n’a pas le pouvoir de prendre les décisions et l’insuffisance d’initiatives.

Après trois heures d’échange, cette table ronde s’est conclut par une série de propositions susceptibles d’améliorer l’efficacité des politiques de bonne gouvernance et de développement local : mener des plaidoyers pour que le bourgoumestre jouisse effectivement des droits de prise de décisions et renforcer les capacités des nouvelles structures sécuritaires ; assurer le suivi et évaluer l’effectivité du budget participatif de la commune dans le but de favoriser l’émergence de l’économie locale.

Elie Bigaba