Six mois après la mise en œuvre du projet Briquette du Kivu, l’entrepreneur se félicite des avancées de son action. Conçu pour réduire des risques de pollution et de la destruction méchante de l’environnement ainsi que des conséquences liées à la mauvaise gestion des déchets dans la ville de Bukavu, Briquette du Kivu devient plus intéressant au niveau international. En effet, le projet consiste à transformer les déchets putrescibles en énergie de cuisson mais aussi en matériaux de construction tels les pavés.

Dans une conférence de presse tenue mercredi 28 novembre, son Directeur général, Murhula Zigabe, dit être préoccupé par 3 grands défis et dont la solution nécessite le concourt de toute personne touchée par la mauvaise gestion des écosystèmes.

« Le projet Briquette du Kivu est un projet qui cherche à résoudre 3 problèmes sociaux. Le premier est que mon pays, la RD Congo perd 500 mille hectares de ses forêts chaque année alors que le Congo abrite la deuxième forêt au monde après l’Amazonie. (…)  Le 2e problème, c’est qu’avec des décennies de guerre, les familles ont perdu leur pouvoir d’achat, elles n’ont plus quoi investir dans l’évacuation des déchets avec toutes les conséquences […] Le 3e problème, c’est qu’une famille congolaise dépense 30% de ses revenus journaliers pour l’acquisition de l’énergie de cuisson. C’est énormément très chers comparativement à d’autres pays au monde qui ont un revenu élevé. […] Ce projet entend, donc, apporter une solution à ces problèmes », a-t-il confié à la presse locale de Bukavu.

Ce projet qui lui a valu un privilège auprès d’autres jeunes entrepreneurs, participant au Forum sur la Paix à Paris en novembre dernier, apporte une contribution significative à la protection de l’environnement et qui est un défi de toute l’humanité.

« …notre projet Briquette du Kivu a été sélectionné parmi d’autres par le Forum sur la Paix à Paris d’où je viens. J’ai rencontré pas mal des gens qui m’ont soutenu. Ils ont dit que mon projet ne vient pas résoudre seulement des problèmes de ma contrée mais un problème mondial environnemental (…) J’en ai profité pour élargir mes connaissances et ma morale a été remonté », raconte ce jeune entrepreneur pour qui, en dépit de l’environnement, ses actions concourent également à la protection des vies humaines dans la ville de Bukavu.

« L’idée, c’est de pouvoir transformer les déchets en énergie de cuisson mais aussi faire en sorte que d’autres jeunes viennent apprendre, auprès de nous, comment ils peuvent le faire et que dans les villages, ils deviennent des producteurs d’énergie de cuisson. (…) Là, on aura sauvé des milliers d’arbres mais aussi des milliers des vies humaines puisque les déchets, lorsqu’on n’a pas où les jeter, on s’en débarrasse sur la route ; imaginez-vous les conséquences », ajoute-t-il.

A en croire ce jeune entrepreneur, certains consommateurs se montrent réticents vis-à-vis des produits finis du projet. Alors que les braises produites par son entreprise « sont plus efficaces par rapport à celles issues des arbres » que l’on achète dans les marchés localement, Murhula Zigabe, ne baisse pas les bras. Il compte élargir son réseau pour couvrir un rayon plus étendu.

« Pour le moment, nous ne pouvons que compter sur nos clients. (…) Nous sommes en train de vendre mais il n’y a pas d’engouement puisqu’il y a des préjugés. Beaucoup qui apprennent que les déchets constituent notre matière première se font des préjugés que des déchets ne peut sortir quelque chose de grand », regrette-t-il.

En vue de pérenniser son action, le Directeur du projet Briquette du Kivu lance un appel à toute personne de bonne volonté de lui venir en aide puis que, dit-il, « l’idée est de passer de la phase artisanale à la phase industrielle ».

Jean-Marie M